Sport et EPS

« Il n’y a pas une passion folle entre le monde de l’éducation nationale et mon ministère. On a une vraie divergence en terme de pratique. Les professeurs d’éducation physique et sportive sont de très bons théoriciens, d’excellents polyvalents, mais de très mauvais spécialistes. Et ils ont une vision très culturelle des choses. Vouloir remettre en cause la compétition, c’est être assez naïf et un peu utopique. Car on oublie que la compétition c’est d’abord l’impression de progresser. Or, même, cette notion là est remise en cause. »

Suite à ces propos, Jean-François Lamour s’est vu accusé par le SNEP de « sabrer à tort et à travers ».

Décidément, dans le prolongement de notre précédente revue de presse, la compétition est interrogée, et c’est tant mieux.

Dans son dernier éditorial de Ski Magazine, Myriam Cornu la pose d’ailleurs comme fondement de la culture ski, et qu’en dépit de conseils récurrents, elle l’affichera, quand bien même « la compétition ne fait vendre, ni dans la pub, ni dans les kiosques ».

Pourquoi ne pas poursuivre ce débat avec l’aide de Alain Caillé interrogé dans la revue ERS n’ 316 ?

Pour Marcel Mauss nous dit-il, il est une règle sociale impérative qu’il appelle « la triple obligation » : celle de donner, de recevoir et de rendre. Cette rivalité par le don est fondée sur l’agôn, la rivalité, le match. En rappelant cette « force du don », il nous permet de sortir du registre de la compétition qui passerait d’une guerre violente vers le registre de la guerre euphémisée. La compétition, c’est la guerre par le don, par la générosité.

Après la compétition, il est encore et toujours question ce mois-ci de l’argent dans le sport…

Le signal d’alarme nous vient cette fois du Québec où Pierre Houde constate que le contenu éditorial des médias sportifs ressemble beaucoup plus à celui du monde des affaires ou de l’économie en général !

« Et le sport, dans tout cela? » se demande-t-il …

Pour lui, le grand défi auquel vont faire face présentement les « décideurs » du vaste monde du sport est le suivant : le lien de sympathie entre l’athlète et l’amateur, la faculté d’émerveillement du passionné pour une compétition quelconque ou la reconnaissance pure et loyale du partisan traditionnel sont des facteurs qui ont été exploités au maximum et qui ont donc atteint un niveau de fragilité extrême.

Attention donc de ne pas trop tirer sur la corde…

Le président de la Fédération internationale de football (FIFA) Joseph Blatter fustige, quant à lui, dans l’édition du mercredi 12 octobre du Financial Times, les fortunes mirobolantes de certains joueurs et propriétaires de club, les jugeant « pornographiques » et susceptibles de nuire gravement à son sport.

Dans le Monde du 29 septembre, Sophie Dion, spécialiste du droit du travail et du sport explique que la professionnalisation croissante du sport génère des conflits ; la lutte antidopage, par exemple est une des sources de contentieux, dans la mesure où les athlètes n’hésitent plus à s’entourer d’experts pour contester les décisions disciplinaires et la validité scientifique des contrôles.

C’est en partie cette évolution qui a du inciter l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture), elle aussi, à vouloir mettre fin au dopage.

Son projet vise à fournir un cadre juridique internationalement reconnu pour veiller à ce que les gouvernements prennent des mesures pour lutter contre le dopage dans le sport qui soient complémentaires de celles déjà engagées par le mouvement sportif

Le problème semble suffisamment important pour qu’une organisation, dont l’objectif est de construire la paix dans l’esprit des hommes, et ce, pas uniquement par le sport puisse s’y intéresser.

Terminons par le pied de nez de M. Guazzini aux « petits sports qui luttent pour être télévisés » (Le Monde du 8 octobre… ).

Pour trouver sa place dans les médias, le Stade français a joué la carte de la communication décalée : « Pom-pom girls », musique et accueil de stars comme Madonna. Pour convaincre, l’ancien PDG de NRJ vend un spectacle, un événement. « Le Stade français, avec l’affluence dans les stades, a rendu le rugby populaire. Cela nous a convaincus de signer avec eux » , a expliqué par ailleurs Eric Lemaire, directeur de la communication d’Axa.

La boucle est bouclée ! tout paraît simple : vive le sport professionnel

Pendant ce temps là, la Fédération de triathlon doit casser sa tirelire… Il lui en coûte 80 000 euros (« Les trois quarts de notre budget de communication » , admet Pascal Bildstein, l’un des vice-présidents de la fédération) pour produire huit magazines télévisuels par an consacrés à la discipline.

Que les « petits sports » se rassurent pourtant: même le football est menacé : « La Ligue 1 et la Ligue des champions auraient tué la Coupe de l’UEFA » nous dit Bruno Poulain, de Sport « la première victime du football serait en effet le football lui-même… ».

Gare aux vaincus !

 

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