Pourquoi aimer le sport ?

Parce qu’il est quelquefois le théâtre de choses extra-ordinaires ! Regardez Bubba Watson


En matière d’évolutions techniques, quelques exemples resteront célèbres, en voici quelques uns :

    • Mitch’ Booth explose la descente sous le vent en tornado, donnant naissance à la Bootherie
    • Rappelez vous Dick Fostbury en athlétisme aux JO de Mexico en 1968 :
    • Boklöv avait des problèmes sérieux de myopie et n’était pas particulièrement doué pour le saut à ski. Son entraîneur et lui-même ont développé la technique du « V » apportant un gain de 10% par rapport à la technique traditionnelle !

Aujourd’hui, au Master d’Augusta, c’est donc le tour de Bubba Watson, un iconoclaste devenu champion. Il était sans doute le seul à pouvoir penser un tel coup. Le seul aussi à avoir l’audace de le réaliser. Bubba Watson, 33 ans, a remporté le 8 avril les célèbres Masters de golf d’Augusta en projetant sa balle à 130 mètres à travers une forêt de pins. Un tir en forme de croissant qui lui a valu de coiffer au drapeau le Sud-Africain Louis Oosthuizen. De la part d’un joueur qui n’a jamais pris la moindre leçon de golf, la performance tient du miracle. Mais Bubba, de son vrai nom Gerry Watson Junior, n’est pas un golfeur comme les autres. Né à Bagdad, en Floride, il commence à taper ses premières balles dans le jardin familial, encouragé par son père, Gerry Watson Senior, un ancien capitaine des forces spéciales américaines au Vietnam. C’est dans ce recoin isolé que l’adolescent perfectionne ce qui deviendra plus tard sa marque de fabrique : le Bubba golf, un jeu audacieux et tout en courbes, aussi virtuose que baroque. Contrairement aux techniciens du swing, Watson n’est pas un adepte de la ligne pure. A la précision, le Floridien préfère la vivacité, l’improvisation, la confusion parfois. Longtemps, il est resté dans l’ombre des grands horlogers du green. Un hurluberlu dégingandé qui frappe fort mais vise mal. Je joue toujours le jeu que j’aime. Un peu comme Seve [Ballesteros], qui jouait des coups incroyables ou comme Phil [Mickelson], qui saisit toujours sa chance. (…) Je n’aime pas viser le milieu des greens… je n’aime pas jouer des balles droites, expliquait-il à L’Equipe après sa victoire aux Masters. IMPATIENT Passé professionnel en 2003, Watson n’intègre le PGA Tour qu’en 2006. Il lui faudra quatre ans avant d’atteindre la deuxième place du championnat organisé par l’association des golfeurs américains. L’anti- Tiger Woods, tel que le décrit Lee Ellis, chroniqueur au New Yorker, est un autodidacte doublé d’un émotif. « Il est peut-être le joueur le plus distrait, le plus impatient et le plus fragile mentalement du tour », relevait en 2009 Jaime Diaz, dans un long portrait publié dans le magazine Gulf World, intitulé Little Bubba, Big Bubba. Bubba peine à canaliser son énergie. Rester cinq heures sur le green l’ennuie. Mon esprit vagabonde, je pense aux chaussures que je vais m’acheter (…), à des choses qui n’ont pas d’importance, disait-il en 2010 après qu’il eut remporté la deuxième place au championnat de Quail Hollow. Qu’il soit ou non en compétition, Watson passe son temps libre à jouer à des jeux vidéo comme Call of Duty, à regarder ses passages préférés de comédies comme Anchorman et Zoolander (…). Il est constamment en quête de stimulations, écrit Jaime Diaz. A en croire le journaliste de Golf World, le golfeur souffrirait d’un trouble du déficit de l’attention (ADD, Attention Deficit Disorder, en anglais). Hyperactif, dissipé, il ne parviendrait à se concentrer qu’en situation d’extrême tension. Dans ces moments seulement, « il voit des connexions là où d’autres ne voit pas de connexions. Il résoud les problèmes d’une façon plus unique et plus complexe », assure Jaime Diaz. Tiger Woods lui-même a salué la fantastique créativité dont a fait preuve Watson aux Masters. « LE GARS QUI DÉCONNE SUR TWITTER » Mais si le jeu du Floridien séduit nombre d’observateurs, il déroute les puristes. Chroniqueur sur le site Golf Digest, Ron Sirak dit qu’il a reçu quantité de lettres reprochant au vainqueur d’Augusta de pervertir l’âme du golf. L’attitude, le style de Watson agacent autant qu’ils amusent. Je ne joue pas à ce jeu pour la gloire, se défend le champion (…) Je ne veux pas être connu. Je veux juste être moi, Bubba, le gars qui déconne sur Twitter. Un gars qui n’hésite pas à se mettre en scène chez lui dans sa piscine et à frapper les balles avec un club rose, pour sensibiliser l’opinion aux ravages du cancer du sein. Rompant avec l’image du parfait gentleman du Sud, Bubba a également monté ce qu’il décrit comme le premier boys band de golfeurs professionnels, sobrement baptisé les Golf Boys. Un nouveau Boddy Miller !

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