Contribution à l’histoire de l’enseignement de la voile

Cette contribution à l’histoire de l’enseignement de la voile pourrait être toute autre. Pour autant, certains éléments de contexte paraissent fondamentaux pour l’aborder :

  • L’avènement d’une civilisation des loisirs au retour de l’après-guerre
  • Les préoccupations continuelles de la fédération française de voile en ce domaine
  • La présence de l’Etat dans le sport, notamment l’impulsion donnée par le Général de Gaulle après le fiasco français aux Jeux de Rome
  • L’augmentation continue de la professionnalisation de l’encadrement

Sans entrer dans des querelles d’historiens, ce que je ne suis pas, un des premiers évènements symboles de la voile de sport eut lieu le 22 août 1851, lors d’une course en flotte autour de l’Ile de Wight organisée par le Royal Yacht Squadron. La course de l’America était née. La voile de compétition, mais aussi de loisirs tire largement ses fondements de cette première confrontation.

Quelques années plus tard, apprendre la voile était initialement réservée aux héritiers. Plus qu’un enseignement de cette activité, il convenait plutôt de parler d’une éducation à la navigation. Les premiers navigateurs restaient en effet  entre soi.

100 ans plus tard, en 1946, naissait en France la fédération française de voile . Quasiment dans le même temps,en 1936, le Front Populaire avait officialisé la généralisation des congés payés.

Pointait alors ce que Joffre Dumazedier appela la civilisation des loisirs dans un livre en 1962

Quelques précisions. Pour lui, le loisir recouvre 3 grandes fonctions (les 3D) :

  • Réparateur des fatigues accumulées, le loisir détend. L’activité physique y joue le rôle de catharsis. Elle libère l’agressivité contenue, défoule l’individu d’un trop plein d’énergie.
  • Le concept de jeu occupe une place importante dans la pensée humaine, permettant d’échapper momentanément aux réalités. Le loisir divertit.
  • Le dépassement de soi pour progresser se situe à la frontière du plaisir, de la compétition et de l’affirmation de soi. Le loisir développe.

Les conditions étaient réunies pour laisser poindre la petite place ouverte aux  prétendants de la voile (Cécile Créach’).
Dans le même temps, pour aider à la réinsertion dans la vie civile de jeunes résistants (pas n’importe lesquels, la bonne société parisienne notamment), Hélène et Philippe Vianney fondent le Centre International de Formation des Glénans sur l’île du Loch en 1947. Apprendre la mer autant que la voile, les Glénans confirment alors la naissance des écoles de voile. Le commandant Roch en avait initié une dès 1935 à Socoa, dans la baie de Saint Jean de Luz.

Cette vidéo de l’INA, présente ce qui se passait aux Glénans en 1953.

La construction de l’engin était un préalable à tout apprentissage, le bateau collectif était la règle.

Fin des années 1960, l’école nationale de voile était ouverte à Saint Pierre Quiberon sous l’impulsion de Monsieur Chartois, largement soutenu par Maurice Herzog. Dés lors, la voie était ouverte pour l’élaboration d’une méthode (doctrine ?) de l’enseignement de la voile.

En 1975, la fédération française de yachting à voile devient la fédération française de voile. La massification (ne pas confondre avec la démocratisation) de ce sport était en route.

A partir de là, il est possible, de mon point de vue, d’isoler 3 grandes moments :

1- Un vent de démocratisation de l’enseignement de la voile ; une utopie qui s’est assez vite prise en défaut. Le symbole en est la méthode Piegelin. La voile en poussée était née, basée sur une approche anthropologique de la navigation. Il s’agissait de construire un espace orienté par la vent.

Le film Dévoiler la planche, tourné en 1982 l’illustre de très belle manière.  Des vacanciers, assez éloignés de la représentation classique du voileux y construisent un espace orienté par le vent.

Chez Henry Ford à Détroit, l’ingénieur Taylor organise scientifiquement le travail. Les process de l’industrie irriguent tous les pans de la vie sociale… même l’enseignement ! l’enseignant devient l’ingénieur qui conçoit, l’élève en est réduit à exécuter.

2- La rationalisation impulsée par des cadres techniques de la fédération française de voile. La pédagogie par objectifs y fait son oeuvre. Les symboles en sont les standards, passages obligés des apprenants, qui furent les grands oubliés de l’histoire. Un ouvrage, publié en 1986, aisément consultable en extérieur présente l’expérimentation de Santa Julia.

Pour autant, la société française évolue. Jean Viard la présente ci-dessous en quelques mots publié dans un Nouveau portrait de la France.


3- Une pluralité de pratiques. La démarche actuelle d’enseignement est initiée collectivement dès 2005 à partir de ce constat. L’ouvrage Enseigner la voile en est un des socles. Différencier les besoins des publics, s’ouvrir à d’autres modalités que celle purement compétitive : tels sont les nouveaux enjeux.
La présentation qui suit en donne quelques quelques bases.

Démarche d’enseignement de la voile

Enfin, l’article paru dans les cahiers de l’ENVSN sur les usages sociaux de la voile tente de poser les bases sociologiques de cette démarche d’enseignement.

Source : Article des cahiers de l’ENVSN sur les démarches d’enseignement de la voile de Pascale Bouton. Cet article est comme d’autres, disponibles sur le portail documentaire du centre documentaire de l’ENVSN.

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