Etre efficace

MorelLes recherches de l »auteur des décisions absurdes pourraient bien s’appliquer au sport…

Que dit-il ?

  • Qui veut bien décider doit prendre son temps.
  • Quels sont, en général, les facteurs d’efficacité ?

Retour d’expérience, débat contradictoire, check-list : du respect de ces procédures dépend la qualité de l’action…

Les réunions doivent être de courte durée, il convient de passer à l’action sans délai. Mais, pour prendre de bonnes décisions, se donner du temps est incontournable. Les principes fondamentaux de la fiabilité des décisions reposent sur la durée. L’un d’eux est le débat contradictoire. Nombre de recherches ont démontré qu’en l’absence de processus contradictoire, les délibérations sont vouées à l’échec du fait de puissants phénomènes de groupe. Or les processus contradictoires – écouter un avocat du diable, confronter deux projets ou écouter des candides – exigent du temps.

Un autre principe de la qualité des décisions est la communication sécurisée, grâce à des processus tels que les check-lists, les répétitions verbales, les confirmations écrites, etc. Il a été démontré que la check-list de bloc opératoire permettait de réduire de moitié la mortalité chirurgicale. La communication à trois voies (Pierre dit A, Michel dit avoir bien compris A, Pierre confirme que Michel lui a bien dit A) exige un temps d’arrêt, même et surtout en cas d’urgence. La fiabilité de la communication suppose une vitesse des échanges nettement plus lente que la vitesse des discussions naturelles.

Un troisième principe de la fiabilité est la connaissance nécessaire à la prise de décision. Un élément essentiel est le retour d’expérience. Il s’agit d’étudier les actions passées afin de tirer des enseignements des erreurs et des réussites. Dans l’aéronavale, les pilotes consacrent une journée entière à échanger sur tous les incidents survenus lors de la période précédente. Mais le débriefing, qui est ardente obligation dans l’aéronautique, ne l’est pas dans bien des organisations. Combien de fois, dans les entreprises, des événements riches d’enseignements sont aussitôt oubliés pour que l’on puisse replonger immédiatement dans l’action…

Autre dimension de la connaissance, la formation aux mécanismes sociologiques, psychologiques et cognitifs qui affectent les interactions humaines. Les compagnies aériennes y consacrent de nombreuses heures à destination des pilotes, bien que ce soit un temps très coûteux. Des hôpitaux américains ont formé aux facteurs humains des équipes chirurgicales, ce qui a entraîné une baisse de la mortalité chez les patients. Mais il a fallu accepter que les blocs opératoires restent inutilisés pendant le temps de la formation.

Dans la culture de la sûreté nucléaire, il existe un principe appelé le temps d’arrêt (traduit par l’expression  » Go, no go « ). Il s’agit, avant de conclure et de passer à l’action, de s’arrêter un moment supplémentaire pour réfléchir, débattre, vérifier. Les principes évoqués ici sont des temps d’arrêt. Dans notre culture marquée par la suprématie de l’action, le défi n’est pas d’aller encore plus vite mais, pour communiquer et réfléchir, de s’arrêter plus souvent et plus longtemps.

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