Evolution des pratiques sportives : le ski

Courmayeur
Halte aux représentations plutôt tenaces. Comme toutes pratiques sportives, celles autour du ski sont loin d’être figées.

Pour preuve, cette illustration proposée Emmanuel Tresmontant du Monde qui a étudié avec attention Courmayeur, la station transalpine bien connue .

  • Dévaler les pistes 8 heures par jour,
  • s’épuiser dans les champs de bosses,
  • se confronter dans la quête des graals qu’étaient les slaloms ou géants…

Bien sûr, ce n’est pas complètement fini, mais c’est quand même en passe d’être considéré comme has been, voire ringard…

Place à la contemplation (le Mont Blanc), au shopping, aux visites culturelles, aux bains… Attention toutefois, Courmayeur reste toujours considérée (avec quelques autres, Les Grands Montets ou la Grave) comme la Mecque du ski Hors Piste !

Situé face au Mont-Blanc, à 1 224 mètres d’altitude, Courmayeur est l’une des stations les plus prestigieuses d’Italie. Malgré sa clientèle milanaise et turinoise très sélecte, les prix y restent accessibles : 1,20 euro le café, 7 euros la pizza cuite au feu de bois, entre 15 et 25 euros le repas, 100 euros la chambre, petit déjeuner compris, dans un hôtel de charme 3 étoiles…

Surtout, Courmayeur n’a rien d’une usine à ski où l’on serait condamné à manger des frites au ketchup entre deux descentes après avoir passé la nuit à entendre des Anglais brailler en buvant des bières… Depuis 1900, cette petite ville thermale de 3 000 habitants a su perpétuer un art de vivre qui lui est propre, fondé sur l’hospitalité, l’élégance et la sauvegarde du paysage.

Avec ses fontaines, ses cadrans solaires et ses cheminées en pierre typiquement valdôtaines, Courmayeur est traversé dans toute sa longueur par ce qui est peut-être la plus belle rue piétonne des Alpes : la  Via Roma.

Vivante et animée par des commerçants qui n’ont pas oublié d’être polis, cette artère est un concentré de boutiques italiennes toutes plus chics les unes que les autres, comme Farcoz, par exemple, où l’on peut admirer les vêtements en cachemire de Brunello Cucinelli, aussi connu en Italie pour la qualité de ses vêtements que pour ses engagements humanistes en faveur d’une économie plus juste (coté à la Bourse de Milan, il vient de redistribuer tous ses bénéfices à ses salariés).

Ici, toutes les chambres d’hôtel sont orientées vers le Mont-Blanc, dont la vue est toutefois en partie dissimulée par le mont Chétif (2 343 m), sympathique montagne que Mussolini, dans sa folie, voulut faire décapiter pour dégager le panorama…

Ouvert généralement jusqu’à la fin du mois d’avril, le domaine skiable de Courmayeur possède 100 km de pistes très bien balisées et assez faciles dans l’ensemble (7 bleues, 13 rouges et 4 noires). Ses restaurants d’altitude, comme le Château Branlant, sont d’une qualité remarquable et proposent une cuisine solide et goûteuse, caractéristique du Val d’Aoste.

Mais Courmayeur est surtout célèbre pour son ski hors pistes. Les experts prendront ainsi le téléphérique au départ de La Palud et rejoindront la mythique Vallée blanche : 24 km de descente dans un paysage grandiose entouré de parois de granit verticales. Le hors-pistes n’y est pas très difficile en tant que tel, mais il faut impérativement partir avec un guide de haute montagne pour contourner les crevasses dangereuses. Une fois à Chamonix (Haute-Savoie), une navette fait le trajet retour jusqu’à Courmayeur.

Des eaux thermales à 37 degrés

Même pour ceux qui ne skient pas, l’expérience du téléphérique jusqu’au Punta Helbronner (3 462 m), qui offre un panorama grandiose sur le Mont-Blanc, la dent du Géant (4 013 m) et le mont Cervin (4 478 m), vaut le détour. En 2015, un nouveau téléphérique partira du village d’Entrèves et aura la capacité de pivoter sur lui-même au sommet, à 360 degrés.

Réputée pour ses propriétés thérapeutiques, l’eau minérale de Courmayeur n’est pas vendue sur place en bouteille, puisqu’il suffit d’ouvrir le robinet pour la boire ! Cette eau de source a donné naissance au début du XIXe siècle aux thermes du Pré-Saint-Didier, situés à 4 km du centre-ville. Le soir, après le ski, rien de tel que de se plonger dans les bassins en plein air, éclairés à la bougie, où circule une eau naturellement chaude à plus de 37 degrés.

Cette eau très pure n’est pas traitée au chlore et est changée chaque jour. L’architecture d’origine de ces thermes a été conservée, ce qui donne au site un côté rétro. A l’intérieur, quantité de baignoires à hydro-massages, de saunas dans des chalets en bois et de cascades tonifiantes.

L’homme le plus passionnant de Courmayeur se nomme Léo Garin. Cet ancien pilote de rallye, champion de ski, alpiniste, joueur de golf, érudit, cuisinier, peintre et, accessoirement, ancien maire de Courmayeur, dirige depuis 1970 l’Auberge de la Maison à Entrèves, qui est l’un des hôtels-restaurants les plus hospitaliers d’Italie : de Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand et Chirac y sont venus déjeuner ; d’une année l’autre, les clients viennent s’y reposer une semaine, sûrs d’y trouver le même personnel, attentif à leurs moindres exigences…

Pour décorer son auberge, Léo Garin a passé des années à chiner dans les brocantes et chez les antiquaires. Mais sa fierté est d’avoir constitué quarante ans durant une collection unique de 3 000 gravures anciennes figurant les Alpes, telles qu’elles ont été explorées de 1740 à 1860.

Pour bien manger à Courmayeur, rendez-vous au restaurant Baita Ermitage, perdu dans la montagne. Le panorama y est superbe et l’on s’y régale des spécialités du Val d’Aoste : polenta, soupe traditionnelle à base de lard, de chou de Milan et de romarin, épinards sauvages gratinés au fromage, pâtes fraîches maison, gnocchis aux champignons, gibiers, viande de bouquetin séchée et marinée aux épices sans oublier les incontournables marrons chauds servis avec de la crème fouettée… le dessert par excellence du Val d’Aoste.

Le Val d’Aoste est fameux dans toute l’Italie pour ses fromages gras et parfumés de montagne, comme la fontina ou la tomme de Gressoney, mais aussi pour ses yaourts, son beurre, sa crème, son lard d’Arnad et son jambon des Bosses : toutes ces merveilles sont chez Fratelli Panizzi, une institution locale.

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